Daniel Berrigan, une figure de proue de l’opposition pacifique à la guerre du Vietnam, a inspiré une génération de militants

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par Betty Medsger

Original: Daniel Berrigan, a Leader of Peaceful Opposition to Vietnam War, Inspired a Generation of Activists

DANIEL BERRIGAN était beaucoup de choses à la fois — prêtre jésuite, poète, enseignant, fin cordon-bleu, interlocuteur attentif, penseur radical, militant contre la guerre, pacifiste. De plus, en raison de son opposition à la guerre au Vietnam, il a été considéré comme un ennemi, à la fois de l’État et de l’Église.

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Funérailles de Daniel Berrigan à New York le 6 mai

 

Dans tout ce qu’il a écrit – dont plus de 40 livres– ces mots sont les plus mémorables et reflètent le mieux sa vie : « Nos excuses, chers amis, pour avoir enfreint l’ordre social,   brûlé du papier et non des enfants, avoir provoqué la colère des plantons devant l’ossuaire. Dieu nous en est témoin, nous ne pouvions pas faire autrement… Combien doivent mourir avant qu’on entende nos voix, combien doivent être torturés, chassés de leurs foyers, affamés, terrorisés… Quand, à quel moment, direz-vous non à cette guerre ? »

Voilà ce qu’a dit Berrigan en mai 1968, tandis qu’avec son frère, le regretté Philip Berrigan, et sept autres militants, pour la plupart des prêtres ou des religieuses, il brûlait des fichiers militaires qu’ils venaient de saisir au bureau d’incorporation de Catonsville dans le Maryland, en attendant que la police vienne les arrêter. Ces mots figurent dans le livre le plus connu de Berrigan, The Trial of the Catonsville Nine (Le Procès des Neuf de Catonsville), une pièce inspirée des minutes du procès. Elle a été jouée dans le monde entier.

Quand Elizabeth McAllister, la belle-sœur de Berrigan, a lu ces paroles lors de ses obsèques religieuses célébrées en l’église catholique Saint-François-Xavier de New York, l’assistance de plus de mille personnes a réagi par un tonnerre d’applaudissements et une ovation prolongée. Les gens étaient venus de partout pour un dernier adieu. Beaucoup de membres de l’assistance avaient été poussés par ces mêmes paroles, prononcées il y a très longtemps à Catonsville, à s’engager dans la désobéissance civile et dans la résistance. Quand Berrigan était allé à Catonsville, il était déjà l’incarnation la plus tangible d’un phénomène inconnu auparavant : des prêtres catholiques qui s’opposaient publiquement à une guerre dans une guerre à laquelle participaient les USA. Devant ses appels à l’arrêt de la guerre, la hiérarchie de l’église l’exila à l’étranger, et un haut responsable de l’administration US mentit à son sujet devant une commission du Congrès, le faisant passer pour un poseur de bombes et un preneur d’otages. Au bout du compte, ces efforts extraordinaires de la part de l’Église et de l’État ne réussirent pas à faire taire Berrigan. Après avoir été exilé à l’étranger et emprisonné dans son propre pays, il est demeuré un ferme opposant à la guerre et aux autres formes de violence, étatiques ou non, jusqu’à sa mort la semaine dernière à l’âge de 94 ans.

Les Neuf de Catonsville: De gauche à droite (debout) George Mische, Philip Berrigan, Daniel Berrigan, Tom Lewis. De gauche à droite  (assis) David Darst, Mary Moylan, John Hogan, Marjorie Melville, Tom Melville

Les actions qui définissaient Berrigan aux yeux du public — la résistance non-violente à la guerre du Vietnam et à l’utilisation des armes nucléaires — sont nées au lendemain du Concile Vatican II de 1962, un rassemblement historique d’évêques convoqués par le Pape Jean XXIII, un personnage très comparable au Pape François. Les actes du concile, qui comprenaient une ferme condamnation de l’antisémitisme, furent considérés comme très radicaux dans l’Église catholique dans le contexte de l’après-guerre. Une des réformes proposées par le concile encourageait les fidèles à travailler pour la paix, y compris en collaborant avec des gens extérieurs à l’église. Aux USA, la hiérarchie catholique commença par refuser ce mandat. Berrigan, au contraire, avait hâte de s’engager dans cette lutte.

Avec son frère Philip et d’autres, Daniel Berrigan a participé à la construction du mouvement catholique pour la paix, un vaste groupe sans structures précises implanté principalement dans le Nord-Est et le nord du Midwest. Les responsables de l’église comme du gouvernement considéraient ce mouvement comme dangereux.

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