Grèce : Sept « péchés capitaux » … en train d’être commis

par Yiannis Tolios Γιάννης Τόλιος, 16/5/2016

Traduit par Jean-Marie Réveillon

Après avoir fait voter la loi de décapitation des retraites et un cadre de nouvelles mesures fiscales d’un montant de 5,4 milliards d’euros, le gouvernement SYRIZA-ANEL engage en procédures « express » le vote d’un nouveau projet de loi multiple, aboutissement de sa soumission aux directives des patrons supranationaux (UE, BCE, FMI, MES). L’application du nouveau projet ouvre la voie à… sept péchés capitaux, peut-être pires que ceux de « l’enfer de Dante » !

Le projet de loi multiple envisagé institue le « mécanisme automatique » d’amputation des salaires et des retraites. Il détaille les mesures fiscales barbares prises au détriment des travailleurs et des classes populaires. Il accélère la vente de biens et d’entreprises publiques. Il ouvre la voie au pillage par les fonds étrangers des habitations et des biens. Il abandonne le contrôle du « Secrétariat général des recettes publiques » à des mécanismes extra-institutionnels, soumis au contrôle de centres supranationaux et aux pressions de multinationales. Tout cela s’accompagne de conjectures effrénées sur l’affrontement rapide de la dette, et de considérations sur le développement qui font penser au premier mémorandum. Voilà que désormais, selon le Premier ministre et son état-major économique, les rythmes de développement vont nous « étonner » !

L’espoir perdu (parodie du slogan électoral de SYRIZA : »L’espoir arrive »)

1. « L’épée de Damoclès » du mécanisme automatique

Le nouveau projet de loi entraîne la création d’un mécanisme spécial (mécanisme dit « cisaille ») d’amputation automatique des retraites, des salaires, des dépenses sociales, de licenciements dans le secteur public etc., au nom de la garantie des « excédents » budgétaires pour payer intérêts et amortissements aux créanciers. Une nouvelle fois le peuple grec servira de cobaye spécifique, et sera vraisemblablement un exemple pour d’autres aussi. Les gouvernants actuels, Tsipras-Kamménos, et en particulier l’état-major économique du gouvernement, éprouvent de la « fierté » pour avoir découvert le « mécanisme automatique » de coupes complémentaires d’un montant de 3,6 milliards d’euros, au cas où « l’excédent » de 3,5 % du PIB en 2018 ne serait pas atteint. Le gouvernement tente de minimiser l’importance du « mécanisme » en prétendant qu’il ne sera pas utilisé en pratique, mais qu’il est soumis au vote… simplement « pour être là » ! Malheureusement le gouverneur de la Banque de Grèce Yannis Stournaras considère qu’il est impossible d’atteindre l’objectif des 3,5 %, les coupes sont donc assurées ! Avec de telles pratiques, Premier ministre, vice-président, et ministres du gouvernement croient qu’ils joueront tranquillement le rôle de Ponce Pilate, en utilisant les mêmes excuses que Karaguiosis (le Guignol grec NdT) à l’adresse de Hatziavatis : « Ce n’est pas moi qui cogne, c’est ma main »

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