La décolonisation du Sahara occidental

aut_4820[1]Voici le texte intégral de l’intervention d’Ahmed Boukhari, membre du Secrétariat National et représentant du Front Polisario à l’ONU, au séminaire sur la décolonisation qui s’est tenu à Managua, Nicaragua, du 31 mai au 2 juin 2016

Au bout de 16 ans d’une guerre cruelle, le Maroc a accepté le verdict des faits et le message clair et sans équivoque de la Communauté internationale, contenu dans la résolution 34/37 de l’Assemblé Générale des Nations Unies et dans la résolution 104 du 19e sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine. Il a accepté le plan de paix élaboré conjointement en 1988 par l’ONU et l’OUA, aujourd’hui UA, basé sur la reconnaissance du droit du peuple sahraoui à choisir librement son avenir par un référendum d’autodétermination. Ce plan a été approuvé par le Conseil de Sécurité dans ses résolutions 658 (1990) et 680 (1991), aux termes desquelles il a créé une mission, la MINURSO2, avec le mandat explicite d’organiser le référendum d’autodétermination qui permettrait au peuple du Sahara occidental de choisir entre l’indépendance et son intégration au sein de la puissance occupante, comme décrit dans la résolution 34/37 de l’Assemblé Générale des Nations Unies.

Un espoir était né pour la dernière colonie africaine à encore figurer à l’agenda de ce Comité. Le référendum aurait dû se tenir six mois après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre les deux parties belligérantes le 6 septembre 1991.

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Le référendum n’a pas eu lieu jusqu’à maintenant. Pourquoi? La réponse est simple. Parce que le Maroc, la puissance occupante, a décidé de renier les engagements qu’il avait contractés en vertu de son acceptation du plan de paix, au moment précis où l’ONU venait de terminer l’opération coûteuse d’identification et de recensement des électeurs. Dans une lettre adressée au Secrétaire Général de l’ONU en avril 2004, le Maroc a annoncé qu’il déclarait unilatéralement sa souveraineté sur le Sahara occidental, considérant, je cite, “qu’un référendum où figurerait la possibilité de l’indépendance constitue une remise en cause de la souveraineté du Maroc sur le Sahara”.

À l’évidence cet argument manque de sérieux, et son incohérence a été soulignée par le secrétaire général de l’époque, Kofi Annan, dans son rapport d’octobre 2004, je cite, « le Maroc avait déjà accepté que l’indépendance était l’une des options  du référendum que la MINURSO allait organiser. »

Après cette volte-face, le Maroc s’est évertué à saper les efforts des Nations Unies en vue de la décolonisation. À partir de là, tous les efforts de la communauté internationale et de négociateurs de l’envergure de James Baker et de ses successeurs, agissant dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité, se sont heurtés à l’attitude intransigeante et à l’obstructionnisme de la puissance occupante, dont les actes continuent à nous mettre sur la voie du pire des scénarios. xxx

Une preuve en est le discours qu’a prononcé le roi du Maroc à la nation le 6 novembre 2015, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’invasion du Sahara occidental. Il a dit, je cite : “Le Maroc restera dans son Sahara et le Sahara demeurera dans son Maroc jusqu’à la fin des temps ”.

Il est vrai que de plus grandes puissances que le Maroc avaient dit plus ou moins la même chose au sujet de leurs propres colonies. La France l’avait dit à propos de l’Algérie. Le Portugal l’avait dit à propos de l’Angola et du Mozambique. Et l’Espagne l’avait dit à propos de la Guinée équatoriale et du Sahara occidental. Ces propos vont contre la logique de l’Histoire. Ils constituent néanmoins, en plein XXIe siècle, un défi regrettable et inutile à la Communauté internationale ainsi qu’aux principes et aux résolutions de l’ONU qui considèrent comme non-négociable le principe de la libre détermination des peuples soumis à une colonisation ou à une occupation étrangère. Il est vrai, et tout aussi regrettable, que les Conseil de Sécurité, garant de l’intégrité du Plan de Paix de 1991 qui a donné à la MINURSO sa raison d’être, continue de fuir la responsabilité qui lui incombe en vertu du Plan de Paix et de la Charte des Nations Unies, d’autant plus au vu des récents développements qui montrent que le péril pourrait atteindre le point de non-retour. »

Lire l’intervention dans son intégralité

Original: La descolonización del Sáhara occidental
Traductions disponibles : عربي  Tamazight   English 

 

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