L’ONU ne doit pas gâcher la Résolution 2334 sur les colonies israéliennes

Daud Abdullah

Original: The UN must not let Resolution 2334 be squandered

Pour que la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies concernant les colonies illégales israéliennes dans les territoires palestiniens occupés vaille le papier sur lequel elle a été écrite, certaines mesures concrètes doivent être prises. L’inaction la rendrait inutile.

Le Conseil de sécurité lors de sa réunion du 23 décembre 2016. Photo Volkan Furuncu / Anadolu Agency

D’abord et avant tout, il faut revoir sérieusement l’appartenance d’Israël à l’organisation mondiale. Depuis qu’il a été taillé dans la terre de la Palestine, ses dirigeants ont projeté leur pays comme quelque chose d’exceptionnel et ayant donc droit à un traitement spécial. Israël est en effet unique : C’est le seul État du monde qui doive son existence même à une résolution de l’ONU, la n° 181 (II). Son appartenance était toutefois conditionnelle et elle le demeure.

Lors de son admission à l’organisation mondiale, la nouvelle entité a pris l’engagement solennel de respecter la Résolution sur la partition (de la Palestine) de l’Assemblée générale et le statut de Jérusalem contenue dans celle-ci. Cela incluait l’obligation de permettre aux réfugiés palestiniens de retourner dans leurs foyers et sur leurs terres. Israël a répudié ces conditions. L’ONU est donc en droit de suspendre Israël de la participation à tous ses organes et institutions, comme cela a été le cas avec le régime d’apartheid d’Afrique du Sud en 1974 et l’ex-Yougoslavie en 1992.

Après avoir pendant des décennies enfoui leurs têtes dans le sable, les dirigeants occidentaux sont de plus en plus conscients que l’exceptionnalisme d’Israël est en fait un facteur de déstabilisation, non seulement au Moyen-Orient, mais de plus en plus en Occident. De récents documents de renseignement divulgués par Edward Snowden ont révélé que le Quartier général des communications du gouvernement britannique (GCHQ) avait annoncé en 2008 que « les Israéliens demeurent une menace réelle pour la stabilité de la région … »

Comme on pouvait s’y attendre, les responsables israéliens ont accueilli par le mépris la dernière résolution du Conseil de sécurité. Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou l’a qualifiée de « honteuse » et a promis de ne pas respecter ses termes. À juste titre, la résolution appelle à la fin de toutes les «activités de colonisation» sur le territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, notant qu’elles n’ont «aucune validité juridique».

Si ce mépris de la volonté de la communauté internationale n’est pas quelque chose de propre uniquement à Israël, c’est précisément le mépris flagrant des règles du droit qui a créé le chaos actuel au Moyen-Orient. L’inaction ne ferait qu’aggraver les choses. La menace posée par l’intransigeance d’Israël ne doit pas être prise à la légère. Il a déjà annoncé qu’il «lui tarde de travailler avec le président élu Trump et avec tous nos amis au Congrès, les Républicains et les Démocrates, pour contrecarrer les effets néfastes de cette résolution absurde».

Au lieu d’attendre cette éventualité, l’Assemblée générale doit agir pour suspendre Israël des organes de l’ONU. Si cette mesure corrective ne parvient pas à obtenir la mise en conformité souhaitée, elle doit alors recourir à des sanctions économiques, diplomatiques et de limitations de voyages du type de celles imposées avec succès au régime raciste sud-africain d’apartheid.

Deuxièmement, au niveau régional, la Ligue des États arabes doit veiller à ce que le gouvernement égyptien actuel ne se voie plus confier aucune initiative de paix sur la Palestine, même si cela signifie que le siège de l’organisation doit être transféré du Caire. Il est devenu évident que l’actuel gouvernement égyptien sous la direction d’Abdel Fattah Al-Sissi ne peut être chargé d’aucun rôle de chef de file sur la question palestinienne. Sans le soutien d’Israël et des USA, les putschistes qui ont renversé le gouvernement civil démocratiquement élu du pays n’auraient pas pu survivre une semaine. Ils sont évidemment redevables au gouvernement extrémiste de Tel-Aviv et à ses semblables : cela doit être une raison suffisante pour remettre en question la capacité éyptienne d’agir de manière autonome et résolue pour soutenir le peuple palestinien.

De plus, au lieu d’agir pour protéger les aspirations légitimes des peuples libyen, yéménite et syrien, le régime égyptien a adopté une politique que l’on peut qualifier au mieux de douteuse, au pire d’obstructionniste. En Palestine, Sissi a permis à l’Égypte de prendre une position partisane, en soutenant une faction contre une autre au lieu de promouvoir un véritable dialogue et une réconciliation. Ses dernières manigances à l’ONU, au cours desquelles elle a succombé au chantage israélien, doivent être le dernier avertissement qu’elle n’est pas apte à se voir confier des intérêts stratégiques régionaux.

Dans l’intérêt de la stabilité régionale et de la paix mondiale, la résolution 2334 ne doit pas être gâchée. Israël a déjà passé outre à 28 autres résolutions du Conseil de sécurité : celle-ci ne doit pas être la 29ème.

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