La Commune de Jemna (Tunisie)

Tahar Etahri  طاهر الطاهري

Intervention du président de l’association de Jemna, lors de la réunion publique de soutien du 6 décembre 2016 à Paris.

Permettez-moi d’emprunter un titre employé par le Dr Ayman Hussein, en parlant de l’expérience de Jemna : « la Commune de Jemna ». Même si nous ne prétendons pas atteindre quoi que ce soit des réalisations de la Commune de 1871, nous aspirons à suivre les traces de nos ancêtres les Communards.

Avant d’entrer dans le vif du sujet – la gestion et l’auto-financement dans l’expérience de Jemna – je vais vous présenter sommairement l’historique de la palmeraie.

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 Historique de la palmeraie

Notre oasis est le symbole de la spoliation, de la corruption et de la malversation. Elle est d’ailleurs l’exemple régional pour ne pas dire national le plus frappant et le plus ancien.

* Le problème a commencé avec la colonisation lorsqu’en 1912 M. Maus De Rolley s’est accaparé les terres fertiles appartenant à nos ancêtres. Il a d’ailleurs arrêté et emprisonné ceux qui s’y opposaient, et avec l’effort, la sueur et la force musculaire des indigènes il a planté des palmiers produisant des dattes de la meilleure qualité appelées Deglet Noor (Noor signifiant en arabe « lumière »).

* Avec l’indépendance, nos parents ont conclu un marché avec les nouvelles autorités pour l’achat des palmiers. Ils leur ont versé en 1963 quarante mille dinars, soit la moitié de la somme totale. Avec notre argent versé sur le compte du gouverneur de la région de Gabès, l’Etat a réalisé des projets économiques rentables, tel qu’une société de transport, un hôtel et une société commerciale.

* Avec le système coopératif (1964-1969) le gouvernement a mis la main sur l’oasis.

* En 1974 la STIL, société étatique appartenant à Mzali Ben Osman Belkouja et autres ministres et hauts responsables, vient exploiter les richesses de Jemna.

* Avec la faillite de la dite société, le gouvernement de l’ex-dictateur a loué en cachette, de gré à gré, la palmeraie :
- 111 hectares à un grand entrepreneur de travaux publics contre la minime somme de 9 000 dinars et quelques,
- 74 hectares au frère d’un commandant du ministère de l’Intérieur qui d’ailleurs a réprimé les émeutes de la région minière de Gafsa en 2008 et qui sera arrêté pendant la révolution.

* Deux jours avant l’éviction de Ben Ali les jeunes de Jemna avaient repris ce qu’ils ont toujours considéré comme étant leurs terres.

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