Luttes et dettes étudiantes au Québec : “Tant qu’on n’aura pas renversé le capitalisme, on ne pourra pas sauver l’éducationˮ- Entretien avec Éric Martin

maud_manif-cop21-1Maud Bailly

Eric Martin est professeur de philosophie au collège Édouard-Montpetit, docteur en pensée politique, chercheur-associé au CIRCEM (Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités, Université d’Ottawa) et à l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS), chercheur-rattaché au SOPHIAPOL de l’Université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, co-auteur de  La tyrannie de la valeur (Écosociété 2014), Les racines de la liberté (Nota Bene, 2014) et Université inc. Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir (Lux, 2011)[1]. En marge du Forum social mondial qui a pris place à Montréal en août 2016[2], nous l’avons questionné sur la problématique des dettes étudiantes et le mouvement étudiant et social québécois, qui a connu une mobilisation majeure lors du « printemps d’érable » en 2012.

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Maud Bailly : À quel titre as-tu participé au mouvement social québécois de 2012 ?

Éric Martin : À trois titres :

À titre de professeur : Je suis professeur de philosophie dans un Collège et beaucoup de mes collègues comme moi-même avions eu des expériences de luttes antérieures lorsqu’on était étudiants, notamment la grève étudiante en 2005, qui nous ont permis d’acquérir un bagage militant. Lorsque la grève est intervenue en 2012, plusieurs d’entre nous avons collaboré à ce mouvement de multiples façons. Il s’est notamment créé un groupe qui s’appelle Les profs contre la hausse[3], un groupe para-syndical qui organisait à la fois des actions, des conférences, des écoles dans la rue…

À titre de chercheur : Je fais partie d’un organisme qui s’appelle l’IRIS, qui est un « think tank » d’économie alternative, aujourd’hui devenu un acteur de premier plan en termes de réflexion critique sur les politiques publiques au Québec. Pour ma part, je me suis spécialisé sur les questions d’éducation bien avant 2012, et dans le cadre de l’IRIS, nous avons publié des analyses scientifiques et des outils d’éducation populaire, dont des capsules vidéo qui ont bénéficié d’un nombre de vues important[4]. Nous avons nourri l’argumentaire de gauche critique dans le débat public qui a pris place en 2012, pour contrer le discours néolibéral sur l’éducation, qui est le même ici qu’en France, en Angleterre ou ailleurs.

En soutien à des militants en lutte : J’ai été amené à être proche d’étudiants qui animaient ce mouvement, ils m’ont sollicité pour les conseiller dans leur démarche. Par exemple, lorsqu’ils étaient appelé à intervenir dans les médias, ils venaient parfois nous consulter pour nourrir leur contre-argumentation théorique et statistique face à tel ou tel argument.

Peux-tu m’expliquer ton analyse de la problématique de l’endettement étudiant ?

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