À propos des médias “indépendants/alternatifs/libresˮ, de l’écologie d’État et de l’insoumission docile

par le Collectif Le Partage

Basta Mag, Reporterre, Kaizen, les Colibris, Demain le film, Jean-Luc Mélenchon… si ceux-là ne sont pas tous directement liés, sauf par le progressisme politiquement correct dont ils font montre, aux yeux de beaucoup, ils représentent le potentiel de changement en vue d’un monde meilleur. Ceux qui suivent nos publications comprennent sans doute pourquoi nous sommes loin de partager ce point de vue, qui relève des profondes illusions et de la confusion distillées par la société du spectacle. Quoi qu’il en soit, il nous paraît important de l’expliquer le plus clairement possible.

Nous partons de la prémisse selon laquelle l’ordre établi est un désastre, autant sociale qu’écologique, et qu’il est nécessaire de le renverser. Cet ordre pourrait être décrit comme une corporatocratie — « un conglomérat de marchés financiers et de corporations, qui domine le monde », selon la formule de Charles Derber (professeur de sociologie à l’Université de Boston) — qui « unit les pouvoirs économiques, politiques et idéologiques ».

La culture qui engendre cette corporatocratie n’est pas nouvelle, ses racines remontent aux origines de la civilisation. Par souci de concision, nous nous contenterons de rappeler que les groupes d’intérêts financiers les plus puissants de notre temps régnaient déjà au début du XXème siècle (cf. la famille Rockefeller et la Standard Oil Company, BP et la Anglo-Persian Oil Company, la Royal Dutch Shell Company, la famille Rothschild, etc.) ; qu’ils ont façonné, tout au long de son histoire, et qu’ils façonnent encore la société industrielle mondialisée que nous connaissons aujourd’hui.

Nous parlons donc du renversement d’un ordre séculaire, au minimum — Napoléon Bonaparte créa la Préfecture de police de Paris en 1800, la police était alors un instrument au service de l’Empire français ; aujourd’hui, elle est l’instrument de l’Empire corporatiste. Ce qui implique de percevoir pour ce qu’elle est toute la culture qu’il a produite entre temps.

Nous partons de la prémisse selon laquelle cette corporatocratie influence ou contrôle tout, des parodies de démocratie™ à la nourriture™ que l’on mange ; de la musique™ radiodiffusée aux émissions télévisées ; de la presse™ grand public aux programmes universitaires ; de la nature des différents métiers au fait qu’il soit considéré comme normal de devoir travailler (cf. l’idéologie du travail).

Nous partons également de la prémisse selon laquelle l’idée de progrès est une mystification constitutive de la culture dominante — la corporatocratie. Ainsi que le formule Kirkpatrick Sale : « Le progrès est le mythe qui nous assure que ‘en avant toute’ n’a jamais tort. L’écologie est la discipline qui nous enseigne que c’est un désastre ». Apparue lors de la révolution scientifique mécaniste du XVIIème siècle, « l’idée de Progrès » est peu à peu devenue la seule philosophie de l’histoire de la modernité. Elle se caractérise par une croyance aveugle et contre toute évidence selon laquelle le concept d’histoire serait naturel, et consisterait en une progression linéaire vers plus d’égalité, de justice et de bonheur — à l’aide d’un progrès technologique, également linéaire, qui tendrait à améliorer indéfiniment la condition humaine.

Ceux que la culture officielle n’a pas harnachés de ses œillères hypnotiques comprennent que ce progrès est une illusion. Les hautes technologies, pour prendre un exemple, en plus de dépendre de la division du travail et du savoir, d’une gestion antidémocratique des « ressources naturelles » mondiales, n’ont rien à voir avec le bonheur et tout à voir avec le désastre écologique et social en cours. Des pratiques extractivistes hautement destructrices de l’environnement à l’aliénation dans le virtuel, de la complexité inhumaine (qui dépasse l’entendement) de la société industrielle aux montagnes de déchets électroniques toxiques qui polluent la Terre, leur développement implique toutes sortes de terribles nuisances.

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