Armand Gatti

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Hommage Gatti 2Le théâtre est avant tout une aventure du langage de l’homme et en aucune façon la fabrication d’un produit. Alors ça supprime trois choses : le spectateur, l’acteur, et le tiroir-caisse. Alors, vous allez me dire : qu’est-ce qui reste après ça ? L’essentiel. Et l’essentiel me suffit

Armand Gatti est mort le 6 avril 2017, à l’hôpital Begin de Vincennes.
Gatti, Dante, Sauveur est né le 26 janvier 1924 à la maternité de l’hôpital de Monaco, fils d’Auguste Gatti, balayeur et de Letizia Luzona, femme de ménage.
Armand Gatti, c’est le journalisme qui lui a voulu ce prénom, mais Dante il est resté, aussi.
Avant il fut « Don qui », résistant, arrêté, évadé, parachutiste.
Il fut journaliste, au « Parisien Libéré », reporter couronné par le Prix Albert-Londres en 1954, puis à « Paris Match » et d’autres journaux.
Il fut auteur, dramaturge, metteur en scène, « Le Crapaud-Buffle », « Le Poisson Noir », « La Vie Imaginaire de l’éboueur Auguste G. », « Chant public devant deux chaises électriques », « Les Treize soleils de la rue Saint-Blaise », « Le Cheval qui se suicide par le feu », « Rosa collective », « La Passion du général Franco », « Le Chant d’amour des alphabets d’Auschwitz », « Le Cinécadre de l’esplanade Loreto », « Didascalie se promenant seule dans un théâtre vide, « Le Couteau d’Evariste Galois », sont quelques uns des titres de son théâtre.
Il fut réalisateur de films, consacré avec le premier, « L’Enclos », à Cannes en 1961, ignoré dès le second, » El Otro Cristobal », tourné à Cuba, suivirent « Le Passage de l’Ebre » en Allemagne, « Nous étions tous des noms d’arbres » en Irlande du Nord.
Et Gatti se fit écrivain public, vidéaste, nomade, du Brabant Wallon à Montbéliard, de Ris-Orangis à Strasbourg, en passant par Toulouse, Marseille, L’Isle d’Abeau, Avignon, Genève, Besançon, Lyon, etc.
Il prit le chemin de La Parole errante pour une longue marche dans la traversée des langages et la physique quantique. N’en finira plus d’explorer « Les Sept possibilités du train 713 en partance d’Auschwitz ».
De Gatti, Henri Michaux disait à leur première rencontre : « Depuis vingt ans parachutiste, mais d’où diable tombait-il ? » La question reste ouverte.
Gatti est à jamais dans l’espace utopique que ses mots ont déployé, celui où le communard Eugène Varlin croise Felipe l’Indien, où Rosa Luxembourg poursuit le dialogue avec les oiseaux de François d’Assise, où Antonio Gramsci fraternise avec Jean Cavaillès, Buenaventura Durruti avec Etty Hilsum, Auguste G. avec Nestor Makhno.
Gatti, si on ne le sait déjà, on le saura bientôt, est l’un des plus grands poètes de notre temps et des autres.

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