L’autre 8 mai

8 mai 45autre 8 mai 2017

Emmanuel Macron et les Massacres du 8 mai 45

«Si je suis élu, je prendrai des actes forts»

Invité de la rédaction de Médiapart, le candidat Emmanuel Macron a affirmé au sujet de la reconnaissance des massacres de l’Est algérien, le 8 Mai 1945, que s’il était élu à l’issue du 2e tour de l’élection présidentielle qui a lieu aujourd’hui, il prendrait «des actes forts» et porterait «des discours forts sur cette période de notre histoire».

Rappelant au candidat d’En Marche ! sa déclaration en Algérie sur les crimes de la colonisation, le directeur de Médiapart – site d’information indépendant dont il était l’invité vendredi soir – lui demande : «Si vous êtes élu Président, quel est l’équivalent du fameux discours du Vel d’Hiv’ prononcé par Jacques Chirac qui réconcilie la France avec un passé, ce que nous appelons la vérité de l’histoire et la réconciliation des mémoires ?

Allez-vous choisir la date, par exemple, du 8 mai puisque le 8 mai c’est à la fois la fin de la Deuxième guerre mondiale, mais aussi le moment, vous le savez, où ceux qui sont venus au secours de la France, les troupes coloniales, (66% des troupes de la France libre), ont vu que leurs proches, leurs familles – c’est ce qui s’est passé dans le Constantinois, à Sétif et à Guelma – ont été violemment massacrés ? Quel va être votre acte, votre moment, votre discours solennel pour qu’il n’y ait plus la concurrence des mémoires, et que la France se réconcilie en regardant en face tous ces drames ?»

Emmanuel Macron : «Ce 8 mai-là, c’est mal tombé, je ne serai pas encore investi, si j’étais élu, mais, de fait, je prendrais des actes forts et je porterais des discours forts sur cette période de notre histoire, parce que ma conviction profonde au-delà du rapport à la vérité et à l’histoire, que Benjamin Stora défend admirablement, vous l’avez rappelé, il y a une fracture dans la société qui s’est construite sur cet événement. Une fracture qui touche les Français d’origine algérienne, les binationaux, les Algériens qui vivent en France, mais aussi les harkis, les appelés, les rapatriés, les anciens soldats, qui nourrissent du ressentiment et qui structurent d’ailleurs du ressentiment qui, aujourd’hui, paralyse la France et nos quartiers. Et donc, quand on dit qu’on croit à la diversité d’un peuple mais qu’on veut le réconcilier et qu’on veut lutter contre ce qui dans la notion de multiculturalisme appelle au communautarisme, on doit prendre ces actes forts. Donc, je le ferai.» Il est à souligner qu’un rassemblement sur «L’autre 8 Mai 1945» pour «la reconnaissance par le président de la République du crime d’Etat en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata)» aura lieu demain lundi à 17h sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris.

Ce rassemblement est à l’initiative du Collectif unitaire pour la reconnaissance des crimes d’Etat en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata). Les initiateurs du rassemblement ne manqueront pas de rappeler à Emmanuel Macron ses déclarations et lui demanderont des engagements s’il est élu ce soir. A rappeler aussi qu’un colloque sur «L’autre 8 Mai 1945 et sa reconnaissance par la France» a été organisé à Paris le 2 mai à l’initiative de la Ligue des droits de l’homme (LDH), l’association Au Nom de la Mémoire, Mediapart et El Watan, avec le Collectif pour la reconnaissance du 8 Mai 1945.

Nadjia Bouzeghrane, El Watan, Algérie, 7/5/2017
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