Ouane, tou, tri, Viva Al-Sissi! Le dernier feuilleton tragi-comique égyptien

 

par FG, 30/1/2018

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En regardant le défilé des salopards ventripotents, certains rasés de près, d’autres amplement barbus, les uns en costume bleu-pétrole et cravate assortie, les autres en uniformes kaki, qui remplissent les écrans de télévision mondiaux lorsqu’on parle de l’Égypte aux z’infos, je suis pris d’une envie contradictoire d’exploser de rire et d’éclater en larmes. Ce qui me submerge ensuite, c’est la honte. Une honte que tout Arabe et, au-delà, tout citoyen du monde, doit éprouver face au spectacle réellement atroce de la « boulitik » sur les rives du Nil. Résumons.

Le Maréchal autoproclamé Président Abdelfattah Al-Sissi est candidat à sa propre succession. Il était, jusqu’à il y a quelques heures, l’unique candidat à l’élection présidentielle. Une bonne demi-douzaine de candidats se sont désistés l’un après l’autre, appliquant rigoureusement le proverbe ottoman « Baise la main que tu ne peux mordre ». Le plus pitoyable a été celui du parti Annour (La Lumière, rien que ça), qui a déclaré que le Maréchal était le seul homme « capable de faire travailler ensemble l’armée, le gouvernement, le parlement » et tout ce qui s’ensuit, pour un avenir radieux. Les barbus qui l’entouraient lors de cette déclaration affichaient tous un air affligé, barbes pointant vers le bas : un Musulman qui plie devant le « targhout », le tyran, se ferme définitivement les ports du Paradis.

Le Maréchal, qui affiche 24 heures sur 24 un sourire autocomplaisant de pervers narcissique –« I’m the best and fuck you » – était quand même un peu embêté : qu’allaient donc dire ses protecteurs, fournisseurs et clients de l’Occident démocratique de cette drôle d’élection à candidat unique ? Heureusement, comme par enchantement, un personnage sorti tout droit des guignols nilotes est apparu au dernier moment pour annoncer sa candidature. Ce bon gros se nomme Moussa Moustapha Moussa -ça ne s’invente pas. Ouf ! À Washington, à Bruxelles, à Berlin et Ryad, on respire. L’honneur est sauf, l’élection sera pluraliste.

Quand à « Oum Dounya » (la Mère du Monde, surnom de l’Égypte), elle a intérêt à s’emmitoufler dans des couvertures pure laine : elle n’est pas près de voir le bout du long hiver qui a succédé au printemps de Tahrir, à l’été islamiste et à l’automne des « moukhabarates » (services de renseignement).

 

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